Anna grandit dans un milieu sans sécurité

Les parents d’Anna se sont installés en Finlande quand elle était encore bébé. Son papa a trouvé du travail dans le bâtiment. Dans leur pays d’origine, ses parents étaient au chômage et consommaient beaucoup de stupéfiants. En Finlande aussi, le papa d’Anna s’est retrouvé dans une bande qui consommait et revendait de la drogue.

Dès l’âge de 3 ans, Anna avait été placée plusieurs fois en urgence dans un foyer d’enfants . Ces placements avaient pour cause les scènes bruyantes et violentes qui se répétaient et pour lesquelles les voisins étaient contraints d’intervenir, car ils se faisaient du souci pour la fillette. À ces occasions, on s’est aperçu qu’Anna était une enfant qui avait très peur et dont on s’occupait mal. Un soutien a été mis en place pour la famille par l’assistante sociale et les parents incités à demander de l’aide. Cependant, les parents ne voulaient pas être soignés et ils continuaient à consommer des stupéfiants. Le foyer a considéré que la maison n’était pas un lieu où Anna pouvait être en sécurité pour qu’elle puisse y retourner.

Anna n’a pas de foyer stable

Lorsqu’elle avait 4 ans, Anna a pu aller dans une famille d’accueil finlandaise avec laquelle elle a fait connaissance petit à petit. Au début, elle y passait des week-ends, puis elle s’y est installée complètement. Des rencontres avaient été organisées pour Anna avec ses parents, mais son papa n’y est jamais venu et sa maman très rarement. Quand elle avait 5 ans, le papa d’Anna est mort d’une overdose. C’est alors que sa maman a souhaité se désintoxiquer. Elle a arrêté de consommer des stupéfiants et souhaitait que sa fille revienne à la maison. Les assistantes sociales ont commencé à œuvrer avec la famille d’accueil et la maman d’Anna pour faciliter son retour à la maison.

Cette situation était très difficile pour Anna, sa maman et la famille d’accueil. La maman d’Anna lui était devenue étrangère, ainsi que sa langue maternelle, qu’elle comprenait, mais ne voulait plus parler. À cette époque, Anna était une enfant triste qui s’enfermait dans son univers et ne parlait pratiquement pas. Ses parents d’accueil n’arrivaient pas vraiment à avoir de contact avec Anna et leur famille commençait à connaître des difficultés. La fille biologique de la famille d’accueil, légèrement plus âgée qu’Anna, avait aussi des problèmes et était très jalouse d’elle. Anna est retournée dans le foyer d’enfants qu’elle connaissait bien et où l’on a continué à préparer son retour à la maison.

Anna allait avoir bientôt 6 ans et passait maintenant les week-ends et les vacances chez sa maman. On s’était aperçu que sa maman avait un nouveau compagnon qui buvait beaucoup, surtout les week-ends. Quand il était ivre, il se montrait violent à l’égard de la maman et parfois même d’Anna. La maman d’Anna ne voulait toutefois pas mettre fin à sa relation, préférant renoncer à son rêve de voir sa fille revenir à la maison.

Un foyer sûr est mis en place pour Anna dans une famille d’accueil

Le personnel du foyer d’enfants et de la protection de l’enfance espéraient trouver une bonne famille d’accueil pour Anna, qui était encore une petite fille, même si elle avait déjà eu une vie éprouvante. Cette fois-ci, la maman d’Anna envisageait elle aussi de façon plus positive le placement de sa fille dans une famille d’accueil. Elle reconnaissait maintenant ouvertement qu’elle n’avait pas de ressources suffisantes pour vivre au quotidien avec elle.

À l’âge de 6 ans, Anna a fait connaissance avec une famille d’accueil dont la maman était originaire du même pays et presque de la même région que sa maman, et elle s’est installée dans cette famille. La famille avait des filles de 9 et 13 ans, avec lesquelles leur maman avait toujours parlé sa langue maternelle. La maman de la famille d’accueil a tout de suite eu un bon contact aussi bien avec Anna qu’avec sa maman, qui était elle aussi contente de la nouvelle famille d’accueil. Il est apparu qu’Anna avait dans son pays d’origine sa grand-mère maternelle qui s’était fait beaucoup de souci à son sujet et à qui elle avait manqué. La famille d’accueil a commencé à aller voir aussi la grand-mère d’Anna lorsqu’elle rentrait dans son pays d’origine pour y rencontrer leur propre famille.

Anna rencontre régulièrement sa maman

Aujourd’hui, Anna a 10 ans et est une écolière pleine d’entrain qui parle couramment deux langues. Les rencontres d’Anna avec sa mère sont importantes pour elle, même si elles ne se réalisent pas toujours comme prévu.

Anna a maintenant aussi trois grand-mères : une en Finlande et deux dans son pays d’origine. Les assistantes sociales pensent qu’avoir la même langue maternelle que sa maman et ses sœurs d’accueil a pu aider quand elle s’est remémorée ses expériences et ses sentiments. Une langue commune a aussi facilité les relations avec les membres de la famille de la maman d’Anna.