Les parents se font du souci pour leurs enfants

La famille avait déménagé deux fois en peu de temps, à cause du travail du père. Celui-ci avait un travail posté et était souvent absent de la maison. À cause du déménagement, le fils aîné, âgé de 15 ans, a dû arrêter le foot dans l’équipe où il jouait. Il a commencé à fumer et à boire le week-end. Il ne disait rien et ne parlait pas de sa vie à ses parents. Le plus jeune avait 6 ans et était à la maison avec sa maman. Il était trop gros et n’avait pas vraiment envie d’apprendre de nouvelles choses. Il se sentait inférieur aux autres et ne voulait même pas apprendre à faire du vélo par exemple.

Le second avait 11 ans et avait des problèmes à l’école : il n’arrivait pas à se concentrer et il lui était difficile d’apprendre des choses. Le déménagement et le changement d’école n’avaient fait qu’aggraver la situation. Le garçon s’était encore bagarré et l’école avait pris contact avec eux. Les parents avaient été convoqués pour discuter avec le professeur et l’assistant social scolaire . Ces derniers ont dit qu’il serait bon de faire passer des examens médicaux au garçon. La maman avait répondu qu’elle connaissait mieux que personne d’autre les intentions et les besoins de son fils. On l’a convaincue que cela ne suffisait pas, car elle ne pouvait pas être constamment derrière lui. Les parents ont finalement accepté que leur fils aille passer des examens à l’hôpital.

Les problèmes ont une explication

Les examens ont permis de découvrir que le garçon avait un trouble du développement du système nerveux assez courant appelé syndrome d’Asperger. C’était pourquoi il semblait être différent et avait des problèmes à s’entendre avec les autres, et qu’il y avait souvent des malentendus et des conflits. La violence était pour lui la seule façon de s’exprimer dans les situations difficiles. On a expliqué aux parents qu’il n’existait pas vraiment de remède pour cette maladie, mais que leur fils avait besoin d’être très encadré. Il lui fallait apprendre à se comporter de façon autonome et à s’exprimer sans ses poings. L’hôpital a fait savoir qu’il serait bien que le garçon reste quelque temps dans un foyer où l’on sait s’occuper d’enfants comme lui.

C’était un soulagement de pouvoir donner un nom à cette situation difficile. Ils ne comprenaient cependant pas pourquoi leur fils de 11 ans devait être placé en dehors de chez eux. Ils ont quand même accepté d’en discuter avec la protection de l’enfance.

L’aide de la protection de l’enfance fait peur

L’assistante sociale de la protection de l’enfance a décidé avec les parents d’un entretien au domicile de la famille. Ce jour-là, le père était au travail et la maman n’avait pas osé ouvrir la porte. Elle se souvenait que dans son pays d’origine, quand la protection de l’enfance intervenait, les parents ne pouvaient plus décider du sort de leurs enfants. Le lendemain, l’assistante sociale a téléphoné et demandé si la maman n’était pas chez elle à l’heure convenue. La maman a répondu qu’elle n’avait plus besoin d’aide et a raccroché. Les deux jours suivants, elle n’a pas répondu au téléphone quand il sonnait. Une amie de la maman est allée la voir, en expliquant que l’entretien était une discussion et en recommandant que la maman accepte l’aide proposée. Cette fois-ci, le rendez-vous aurait lieu au bureau d’assistance sociale .

La maman a accepté, mais elle n’a pas emmené son fils avec elle pour l’entretien. La discussion a cependant eu lieu et on y a examiné la situation de la famille. Il a fallu un deuxième rendez-vous avant que la maman réalise qu’on ne prendrait pas son fils contre sa volonté et que celui-ci n’était pas du tout en danger. La maman avait admis être épuisée. Elle était contente que l’assistante sociale s’intéresse à la situation de toute la famille et essaie de trouver des moyens pour aider les deux autres garçons également. Elle avait aussi appris qu’il était possible de demander un congé subventionné pour toute la famille.

La protection de l’enfance aide toute la famille

Il a été décidé avec l’assistante sociale que le garçon ne serait pas placé à l’extérieur, mais qu’il serait accompagné à la maison. Un travailleur familial a commencé à venir régulièrement et a aidé la maman à apporter des réponses plus efficaces au comportement difficile de son fils. Le garçon a poursuivi son enseignement spécialisé comme avant et sa scolarité a commencé à mieux se passer. Il a appris à mieux s’entendre avec les autres.

L’action sociale a payé la cotisation du nouveau club de football de l’aîné. Le plus jeune a commencé l’enseignement préscolaire . Au bout de deux mois, il a dit qu’il aimerait apprendre à faire du vélo pour pouvoir participer à une excursion avec ses camarades de classe. Les parents étaient soulagés, car tous leurs fils ont pu rester à la maison et il a été possible de trouver une solution aux problèmes avant qu’ils ne s’aggravent trop. Ils ont décidé de faire une demande d’aide vacances pour qu’eux aussi puissent avoir du temps à se consacrer l’un à l’autre.