Dans un nouveau pays, la vie quotidienne est difficile

La maman a quitté un camp de réfugiés pour venir en Finlande seule avec ses six enfants. Le père de famille était mort à cause d’une maladie dans le camp. La vie était très chaotique dans leur pays d’origine, qui était ravagé par la guerre. La maman se faisait beaucoup de souci pour les membres de sa famille restés au cœur des troubles. Dans son pays, elle n’avait pas pu aller à l’école ni apprendre à lire et à écrire.

Pour la maman, il était très difficile de s’installer en Finlande et de s’adapter à un nouvel environnement et à une nouvelle culture. Le climat finlandais était différent : il neigeait l’hiver, ce que la famille n’avait jamais vu avant. Quand on habite dans un immeuble, il y a des règles bien précises qui sont difficiles à mémoriser. Les voisins étaient parfois en colère à cause des bruits de pas des enfants qui couraient le soir quand ils jouaient. Il y avait partout des règlements écrits que la maman ne pouvait pas lire. S’adresser aux autorités était compliqué et elle ne savait jamais qui pourrait l’aider dans chaque cas. Il était difficile de se souvenir des heures exactes, avec parfois des conséquences regrettables : la maman arrivait dans les bureaux en retard et l’interprète n’était plus là.

La maman s’épuise

Les quatre plus jeunes enfants étaient au jardin d’enfants et les deux aînés à l’école primaire. L’école et le jardin d’enfants envoyaient des lettres et des papiers au moins une fois par semaine, mais il n’y avait pas toujours quelqu’un pour aider à les lire.

Il arrivait un moment où la maman était épuisée. Ses soucis l’empêchaient de dormir et la nuit, elle pensait aux membres de sa famille qui étaient si loin. Le jour, elle pleurait souvent et n’avait plus la force d’emmener ses enfants les plus jeunes au jardin d’enfants tous les jours. À cause de la fatigue, des soucis et du chagrin, elle se mettait souvent en colère contre ses enfants. Elle les grondait parfois et avait même envie de les gifler quand ils n’étaient pas sages. Elle n’avait plus la force de faire la lessive tous les jours ou de veiller à ce que les enfants soient habillés en fonction du temps qu’il faisait dehors pour aller à l’école. Les aînés essayaient de s’occuper des cadets après l’école.

La maman demande l’aide de la protection de l’enfance avec les employées du jardin d’enfants

Les employées du jardin d’enfants avait déjà discuté avec la maman des différentes possibilités d’obtenir de l’aide. Quand les enfants avaient commencé à être plus souvent absents que présents au jardin d’enfants, les employées ont commencé à se faire du souci. Elles ont donc décidé de parler à la maman des services de la protection de l’enfance. Les employés du jardin d’enfants et la maman ont décidé ensemble de faire une demande d’aide auprès de la protection de l’enfance. L’assistante sociale de la protection de l’enfance a rencontré la maman et ses enfants. Elle a expliqué que la rencontre avait pour but de discuter ensemble des problèmes au sein de la famille et de savoir comment la protection de l’enfance pourrait les aider. La maman avait promis d’être en contact avec le jardin d’enfants et les enseignants des enfants scolarisés pour l’évaluation dont l’objectif était d’établir les besoins en matière de protection de l’enfance .

La famille a bénéficié, en tant que mesure de soutien en milieu ouvert , d’une travailleuse familiale venue aider dans les tâches de tous les jours. Elle a accompli les tâches ménagères avec la maman et l’a aidée à s’occuper des dossiers qui s’étaient accumulés. Durant les rencontres, elle a fait appel à un interprète pour l’aider et a été en contact avec les différentes autorités pour aider la maman à s’occuper des affaires de la famille. Souvent, la travailleuse familiale a accompagné la maman pour l’aider dans les cas les plus difficiles. Elle est venue au sein de la famille une semaine sur deux, au moment convenu. On a pris rendez-vous pour une consultation médicale et le médecin a aidé la maman à vaincre ses problèmes d’insomnie et de dépression. La travailleuse familiale a trouvé un groupe adapté à la maman, dans lequel elle peut faire différents travaux manuels. Il y avait aussi deux autres femmes parlant la même langue et elle a beaucoup apprécié les réunions du groupe.